Blog
Services
FIDU-GENÈVE, née de l’alliance d’entreprises spécialisées, accompagne les entrepreneurs, PME et particuliers dans leur succès financier. Notre approche globale et personnalisée optimise vos finances et vous aide à atteindre vos objectifs.

Vous avez 60’000 francs sur le compte de votre société. Pouvez-vous investir ? La réponse ne se trouve pas dans ce chiffre et votre banquier le sait déjà. Avant même de vous recevoir, il a calculé ce que votre entreprise peut réellement porter, à partir non pas de ce que vous détenez, mais de ce que vous produisez chaque année. La bonne nouvelle : ce calcul, vous pouvez le refaire vous-même, avec vos propres chiffres. Et il révèle souvent une marge de manœuvre plus large qu’on ne l’imagine.
Le solde affiché sur le compte est un instantané : une photographie prise un jour donné. On parle d’un chiffre de stock. Le problème, c’est qu’une bonne partie de cet argent ne vous appartient déjà plus.
Tableau 1 — Le disponible réel au 30 juin (CHF)
| Solde bancaire | 60’000 |
| − TVA due au prochain décompte | −12’000 |
| − Impôts de l’exercice, non provisionnés | −9’000 |
| − Charges sociales du trimestre | −8’000 |
| − 13e salaire et vacances courues | −11’000 |
| = Disponible réel | 20’000 |
Sur les 60’000 francs affichés au 30 juin, 40’000 sont en réalité déjà engagés : la TVA à reverser au prochain décompte, les impôts de l’exercice non encore provisionnés, les charges sociales du trimestre, et la part de 13e salaire et de vacances déjà acquise par les collaborateurs. Le disponible réel n’est pas de 60’000, mais de 20’000 francs.
La question que se pose alors tout dirigeant est légitime : combien de fois raisonne-t-on sur le montant affiché, sans voir la part déjà due ? Mais même ce disponible réel de 20’000 francs ne répond pas à la question « puis-je investir ? ». Car un investissement ne se finance pas sur l’instant : il se rembourse sur la durée. Ce qui compte, ce n’est donc pas ce que vous avez un jour donné, mais ce que votre activité dégage année après année.
Le point de départ, c’est le résultat avant intérêts, impôts et amortissements, souvent désigné par son sigle anglais EBITDA (earnings before interest, taxes, depreciation and amortization). En clair : ce que votre exploitation dégage avant de payer les intérêts de vos dettes et l’impôt, et avant de tenir compte de l’usure comptable de votre matériel.
Tableau 2 — Le pont fiscal (CHF)
| Résultat avant intérêts, impôts et amortissements | 90’000 |
| − Charges financières | −5’000 |
| − Amortissements comptables | −20’000 |
| = Bénéfice avant impôt | 65’000 |
| Impôt à 14,7 % (taux effectif genevois, IFD + ICC) | 9’555 |
De cet EBITDA de 90’000 francs, on retire les charges financières (les intérêts, 5’000) et les amortissements comptables (une charge qui étale sur plusieurs années le coût d’un équipement, pour refléter sa perte de valeur : 20’000). On obtient un bénéfice avant impôt de 65’000 francs.
Sur ce bénéfice s’applique l’impôt sur le bénéfice. À Genève, le taux effectif combiné (impôt fédéral direct et impôt cantonal et communal) s’établit à 14,7 % pour l’exercice 2026 ; il varie légèrement selon la commune de siège. L’impôt ressort ici à 9’555 francs. Ce « pont fiscal » — passer du résultat d’exploitation à l’impôt effectivement dû — est l’étape que l’on saute le plus souvent, et celle qui fausse tout le reste si on l’oublie.
La capacité de remboursement, c’est ce que votre entreprise peut consacrer chaque année au remboursement d’un crédit, une fois payés les intérêts, l’impôt et le strict nécessaire au maintien de l’outil de travail.
Tableau 3 — La capacité de remboursement annuelle (CHF)
| Résultat avant intérêts, impôts et amortissements | 90’000 |
| − Charges financières | −5’000 |
| − Impôt effectif | −9’555 |
| − Investissements de maintien | −15’000 |
| = Capacité de remboursement annuelle | 60’445 |
Deux gestes méritent une attention particulière et ce sont eux qui font la différence entre un calcul juste et un calcul trompeur.
Pourquoi 15’000 d’un côté et 20’000 de l’autre ? Parce que le plan d’amortissement suit une logique fiscale, pas le rythme réel d’usure du matériel : les deux montants n’ont aucune raison d’être égaux. Consacrer chaque franc d’amortissement au remboursement, sans rien remettre de côté pour le renouvellement, revient à ne plus rien remplacer et à s’étrangler en année trois, quand le matériel lâche. Après ces ajustements, la capacité de remboursement annuelle ressort à 60’445 francs.
Reste à traduire ce flux annuel en une enveloppe d’investissement.
Tableau 4 — L’enveloppe (CHF)
| 60’445 × 5 ans | 302’225 |
| − marge de sécurité de 20 % | −60’445 |
| = Enveloppe soutenable | ≈ 240’000 |
| Contrôle croisé : dette totale ≤ 3 × 90’000 | 270’000 |
Les deux méthodes convergent.
On projette la capacité de remboursement sur cinq ans — l’horizon retenu ici pour un crédit d’investissement : 60’445 × 5 = 302’225 francs. On applique ensuite une marge de sécurité de 20 % (60’445), pour absorber les aléas (un exercice moins bon, un imprévu). On obtient une enveloppe soutenable d’environ 240’000 francs.
Le banquier, lui, vérifie souvent ce résultat par un second chemin : un ordre de grandeur de place veut que la dette totale d’une PME ne dépasse pas environ trois fois son EBITDA. Ici : 3 × 90’000 = 270’000 francs. Ce n’est pas une norme légale, ni la règle d’un établissement précis, simplement un repère de prudence largement partagé. Les deux méthodes convergent (240’000 et 270’000), ce qui conforte l’ordre de grandeur.
Attention : ce repère porte sur la dette totale, engagements existants compris. Dans notre exemple, le crédit en cours arrive à échéance ; sinon, il faudrait déduire son solde de l’enveloppe.
Retenez le contraste : 20’000 francs de disponible réel sur le compte, mais une capacité à porter un investissement de l’ordre de 240’000 francs. Le solde bancaire vous aurait fait renoncer ; le calcul de flux vous ouvre une marge de manœuvre.
Ce calcul donne un ordre de grandeur et une direction. Il ne remplace pas le dossier que la banque attend, qui est un autre travail. Cinq réserves, au minimum :
Avant votre prochain rendez-vous bancaire, posez-vous ces questions :
Arriver au rendez-vous avec ce calcul déjà fait change la conversation : vous ne découvrez plus le chiffre du banquier, vous en discutez. Et vous partez souvent d’une marge plus large que celle que vous imaginiez.
Le solde bancaire répond à la question « qu’est-ce que j’ai aujourd’hui ? » — un chiffre de stock, largement déjà engagé.
La capacité d’investissement répond à « qu’est-ce que je peux porter dans la durée ? » — un chiffre de flux, que l’on construit en trois étapes : le pont fiscal, la capacité de remboursement annuelle, puis l’enveloppe soutenable, confirmée par le contrôle croisé du 3 × EBITDA.
Sur notre exemple, on passe de 20’000 francs affichés à près de 240’000 francs mobilisables. La marge de manœuvre est souvent là, encore faut-il la calculer.
Chez FIDU-GENÈVE, nous aidons dirigeants, PME et indépendants à établir ces chiffres à partir de leur propre comptabilité : disponible réel, capacité de remboursement, enveloppe soutenable, et préparation du dossier bancaire qui transforme un ordre de grandeur en financement obtenu. Si vous voulez refaire ce calcul avec vos chiffres, ou préparer un rendez-vous bancaire, parlons-en.
Contactez-nous : info@fidu-geneve.ch
Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil individualisé. Les chiffres présentés illustrent une méthode sur un cas type ; chaque situation devant être appréciée au cas par cas, nous vous invitons à nous consulter pour une analyse adaptée à votre entreprise.